Sujet de type 2 : Commentaire composé
Situation du texte : Ce texte est un poème extrait du recueil Capitale de la douleur de Paul Éluard édité pour la première fois en 1926. Tiré de la 4ème séquence intitulée « Nouveaux poèmes », il fait partie des poèmes dans lesquels le poète, malgré les déboires de la vie, nourrit l’espoir d’un avenir meilleur.
Idée générale : Le texte évoque les affres de la guerre sur la ville de Paris.
Plan possible : Deux centres d’intérêt peuvent être envisagés :
• La dénonciation des affres de la guerre ;
• L’espoir des lendemains meilleurs.
Première partie : La dénonciation des affres de la guerre.
- I. Le visage monstrueux des hommes pendant la guerre.
• Le poète présente les acteurs de la guerre comme des monstres des êtres inhumains.
Exemple : Emploi de la caractérisation nominale « Les bêtes », « Les oiseaux » pour désigner les acteurs de la guerre qu’il assimile à des animaux. On y voit des êtres instinctifs, sans état d’âme et qui font des victimes.
• Le poète décrit les actions meurtrières, incendiaires menées par ces hommes.
Exemple : Emploi des verbes d’action « descendent », « secouent » pour montrer la brutalité des actions des guerriers ;
• Utilisation du présent de l’indicatif à valeur descriptive « descendent », «secouent » pour décrire les atrocités commises par les acteurs de la guerre. - 2. Les conséquences de la guerre.
• Le poète montre l’action négative de ceux qui font la guerre.
Exemple : Emploi de la caractérisation péjorative par les propositions subordonnées relatives « …qui descendent des faubourgs en feu ». « …qui secouent leurs plumes meurtrières ». Décrivant ainsi le mauvais jeu des acteurs de la guerre, le poète exprime aussi bien la brutalité de cette guerre que le caractère cruel de ses acteurs.
• Le poète décrit les effets néfastes de cette guerre sur Paris et les êtres humains.
Exemple : Emploi de la caractérisation nominale a des faubourgs en feu » et de la caractérisation adjectivale « leurs plumes meurtrières » ;
• Utilisation du champ lexical de la destruction « faubourgs en feu, plumes meurtrières, secouent, les nuages tout nus, les terribles ciels jaunes n pour montrer que la guerre a des effets destructeurs sur la ville et sur les hommes.
Transition : La description des méfaits de la guerre par le poète met en exergue la critique de cette tare humaine mis, à travers l’image de la statue, le poète, loin de désespérer. y voit plutôt les signes d’un espoir de lendemains meilleurs.
Deuxième partie : L’espoir de lendemains enchanteurs.
- l. Description de la statue.
• Le poète présente la statue sous de belles couleurs, signe de joie et, de la paix retrouvée dans u un monde délivré». Exemple : La caractérisation adjectivale et nominale dans les expressions « Elle est belle ». « statue vivante de l’amour » permet au poète de manifester son admiration de la statue dont la beauté éclaire éblouit la ville de Paris.
• Cette admiration est renforcée par la reprise anaphorique de l’interjection « Ô » (2 occ), insistance sur l’émerveillement et l’admiration du poète face aux nouvelles couleurs que prend la ville de Paris qui voit venir la fin de la guerre.
• De même les expressions métaphoriques « neige de midi, flammes du sommeil, visage d’ange » symbolisent la beauté de la statue qui, au demeurant, inspire l’amour dans un contexte de haine.
• Le poète, à travers la statue, présente la femme comme une actrice pacifique de la guerre dans la mesure où par sa beauté, elle inspire la paix et la quiétude.
Exemple : Utilisation du champ lexical de la beauté « belle, l’amour, soleil, flammes du sommeil, un visage d’ange » pour montrer comment la beauté de la femme se mue en arme de pacification, d’adoucissement des mœurs. - 2. L’image de la femme, signe d’espoir.
• Le poète nous montre le visage persuasif de la femme qui, par cet atout, peut aider à mettre fin a la guerre. Elle est le symbole de la paix, de l’adoucissement des mœurs.
Exemples : Les métaphores « soleil sur tous les ventres », « flammes du sommeil sur un visage d’ange », permettent de symboliser la lumière et la paix qu’incarne la femme.
• La métaphore hyperbolisante «Ô flammes du sommeil sur un visage d‘ange/ Et sur toutes les nuits et sur tous les visages » marque la grande ampleur du rôle pacificateur de la femme.
• La femme est finalement présentée par le poète comme l’être qui par sa seule présence apporte la paix, d’où la nécessite’ pour l’homme de l’avoir à ses côtés. Elle représente l’espoir de la fin de la guerre.
Exemple : Emploi du champ lexical de l’espoir « silence éclatant de ses rêves, caresse l’horizon, ses rêves, les mains de désir, enivrent le monde délivré »
• L‘emploi du vocable « Silence », exprime l’ordre mais aussi l’invocation de la paix ; c’est la marque du désir de paix qui anime la femme. L’espoir de paix en pleine guerre vient donc de la femme : Paris est certes la capitale de la
guerre et donc de la douleur, mais grâce à la femme. Paris est aussi la capitale de l’espoir pour un monde meilleur.
Intérêts du texte :
• Intérêt stylistique : Richesse des procédés d’écriture (métaphores, Caractérisation, champs lexicaux, interjection, etc.).
Intérêt psychologique
• Le passage d’un moment assombri par la guerre à l’espoir d’un avenir meilleur.
Intérêt social ou humain Évocation de la guerre, fléau social.
Sujet III : Dissertation
« Le théâtre négro-africain doit être un théâtre de réflexion […] ; il doit être un donner à voir et un donner à penser », dit Barthélémy Kotchy. Commentez cette affirmation à la lumière du œuvres théâtrales lus ou étudiées
Thème : La fonction du théâtre négro-africain.
Reformulation : Le théâtre négro-africain doit distraire et conscientiser le public.
Problématique : Dans quelle mesure la finalité du théâtre négro-africain consiste-t-elle à distraire et à sensibiliser le public ?
Type de plan : Analytique
Plan possible :
1ère partie : Le théâtre négro-africain comme moyen de distraction du public.
• Le théâtre constitue une distraction qui permet au public de s’évader de son quotidien. C’est ainsi qu’au terme d’une journée harassante, on peut se distraire en allant voir une représentation théâtrale
• Le théâtre divertit parue qu’il produit des émotions, soit heureuses, soit malheureuses. Il fait rire ou pleurer. Dans Une Saison au Congo. Aimé Césaire présente un dialogue très cocasse entre des personnages se réjouissant de l’approche de l’indépendance tout en en ignorant le sens et suscite le rire. « Léopoldville, foule en liesse et bon enfant. On entend le cha-cha de l’indépendance.»
Premier groupe
Un citoyen : … C’est quoi au juste, notre Dipenda ?
Deuxième citoyen : Idiot, c’est la fête ; notre fête ; tu vois bien : c’est quand c’est les noirs qui commandent et les blancs qui obéissent !
Premier citoyen : Ah ! Je vois ! C’est très, très bien ! Un carnaval quoi ! Eh bien : vive Dipenda.
Aimé Césaire. Une Saison au Conga. Paris. Seuil, 1973, Li
La lecture ou la participation à In représentation des œuvres théâtrales transporte les lecteurs / spectateurs dans un monde onirique où ils découvrent les aventures des personnages. Les pitreries d’Uhuru dans La tragédie du Roi Christophe d‘Aimé Césaire suscitent le rire tout comme le jeu théâtral à travers les mimiques ou les jeux de mots, les quiproquos :
Exemple : Dans Ngum a Jemea, le rituel de la cérémonie d’intronisation du chef Dualla Mange (chansons en langue Dualla, leitmotiv, descriptions des costumes, mimiques et gestuelle des personnages) révélatrice de la richesse socioculturelle du Cameroun peut procurer l’évasion aux lecteurs / spectateurs.
Exemple : Deuxième groupe
Une femme : Comment elle arrive, Dipenda ? En auto, en bateau, en avion ?
Un homme : Elle arrive avec le petit roi blanc, le bwana Kitoko, c’est lui qui nous l’apporte.
Le joueur de sanza : Dipenda ! On ne nous l‘apporte pas, c’est nous qui la prenons. Citoyens !
Le tribaliste MUKONGO : Peu importe ! Donnée ou arrachée, ce que je sais, c’est que maintenant que nous avons Dipenda, il faudra que tous les Bengalas rentrent dans leurs villages. Le pays est gâté avec tous ces Bengalas-la !
Aimé Césaire, Une Saison au Congo, Paris, Seuil, 1973, I.5
Transition : Les œuvres théâtrales négro-africaines divertissent les lecteurs ou les spectateurs par les aventures drôles ou cocasses qu’elles mettent en scène. Cependant telle n’est pas leur unique finalité.
2ème partie : Le théâtre négro-africain, un théâtre de réflexion.
• Les thèmes abordés par les œuvres théâtrales négro-africaines suscitent la réflexion. Ainsi, certains dramaturges négro-africains s’interrogent sur les atrocités perpétrées par les colons ou les esclavagistes. À titre illustratif, Joseph Ngoué s’interroge sur la place du Noir dans la société, puisque même les chiens ont la primauté sur eux. Il en est de même pour David Mbanga Eyombwan qui, dans Ngum a Jemea, dresse un réquisitoire violent contre les colons qui, non contents de spolier les autochtones de leurs terres, tuent ceux qui essayent de protester contre cette usurpation.
• Au-delà du rire, les dramaturges négro-africains posent les problèmes relatifs au destin des peuples africains. Dans le dialogue d’Une Saison au Congo que nous avons évoqué plus haut. Césaire pose le problème des indépendances mal acquises par les pays africains. L’incompréhension que manifestent les personnages explique
peut-être la gestion calamiteuse des indépendances dont l’Afrique pâtit aujourd’hui. Et les propos du Tribaliste Mukongo lèvent un pan de voile sur un fléau qui gangrène le continent noir : le tribalisme.
• Les dramaturges négro-africains contribuent à l’émancipation des peuples africains parce qu’ils soulèvent dans leurs œuvres des questions relatives au développement de l’Afrique. Dans La Mort de Chaka par exemple. Seydou Badian préconise des comportements nouveaux mieux adaptés aux exigences de solidarité et de responsabilité.
Synthèse : Les dramaturges négro-africains distraient le public par la présentation de personnages et d’aventures cocasses.
Mais parallèlement, ils sensibilisent les populations sur les problèmes qui plombent le développement de l‘Afrique. Le théâtre négro-africain est donc d’abord un jeu avant d’être un enjeu.
